Dysgraphie

L’écriture est un apprentissage fondamental, dispensé à l’école. C’est l’un des plus difficiles. Il est long, difficile, complexe et progressif.

 

C’est par l’écrit qu’est évalué la majorité des savoirs de l’élève.

L’enfant qui écrit « mal » ne le fait jamais sciemment, l’apprentissage de l’écriture est complexe et très spécifique. Il y a des enfants qui ne dessinent pas si mal que cela, mais qui ont des difficultés à tracer les lettres et à les enchaîner pour écrire un mot. Ce phénomène s’observe au CE1 et désoriente tant les enseignants que les parents.

 

L’enfant compare ses habilités aux autres et s’il écrit mal, il peut se trouver complexé et appréhender les situations où il faut écrire. C’est déjà à ce stade que peuvent s’installer le stress et le découragement entraînant inévitablement le blocage.

 

Ecrire c’est tracer, les lettres sont des formes, mais la différence de ce qui se passe dans le dessin où ce qui est figuré dans la trace renvoie essentiellement à des images, à des choses, dans l’écriture, ce qui est figuré dans la trace sont des symboles, les lettres, qui la situent dans le registre du langage. L’acte d’écrire en devient différent de l’        acte de dessiner et l’enfant qui dessine n’est pas le même que l’enfant qui écrit. Pour devenir celui qui écrit, l’enfant devra franchir, dans son évolution maturative, un pas important.

 

Combien de fois n’entend-on pas dire : « Il est lent », « Il est distrait », « Il n’écoute pas », « Il écrit mal » …

 

Il faut savoir que l’enfant qui écrit mal ne le fait jamais SCIEMMENT. Il est dès lors de la plus grande importance de ne pas se moquer de son incapacité à écrire correctement sous peine de le dégoûter d’écrire.

 

Hélène de Gobineau, célèbre graphothérapeute, explique que l’enfant qui a une écriture dysgraphique, conscient de ses difficultés, est plus au moins honteux d’écrire mal. Il est donc nécessaire de lui redonner le goût d’écrire en lui proposant des activités proches de l’écriture, (comme le dessin), afin que la leçon soit un plaisir.

 

Il y a des enfants dont la main, le pignet se crispent. Le thérapeute va proposer des exercices de relaxation, d’assouplissement et de tenue d’outil d’écriture.

 

Quand un enfant a des difficultés d’écriture, c’est dans le mouvement que celles-ci se manifestent : l’enfant n’arrive pas à ajuster les lettres ente elles, à les lier, son écriture est trop rapide, trop lente, trop molle ou trop raide ; il y a des saccades, des gestes incontrôlés ; les levées sont anarchiques.

 

La dysgraphie n’est pas en retard d’évolution de l’écriture. Le niveau de celle-ci peut être à peu près normal par rapport à l’âge de l’enfant. Toutefois, son écriture se distingue par son illisibilité, sa lenteur ou son manque d’aisance dans le mouvement.

 

Les enfants qui ont ces difficultés d’écrire sont gênés dans leur scolarité et cela peut devenir un handicap important, raison pour laquelle une graphothérapie est conseillée. La rééducation est une marche à deux et une marche qui devra se faire au rythme de l’enfant.

 

L’enfant dont l’écriture est dysgraphique n’a généralement pas suivi les étapes classiques de développement de l’écriture manuscrite. Il n’a pas atteint le stade du modèle, n’est pas parvenu à trouver dans l’apprentissage un équilibre entre l’inscription et la progression, entre les formes et la vitesse. Son écriture a évolué comme elle a pu, à partir des bases incertaines établies. Mais l’écriture peut aussi avoir évolué de manière régulière, et se détériorer à l’adolescence sous la pression de facteurs extérieurs, comme la vitesse.

 

L’enfant qui écrit mal, que nous montre son écriture ?

 

Essentiellement des lettres mal faites, malformées, déformées, que l’enfant malmène. Elle continue souvent à être tracée par petits bouts, retouchée, suspendue, cassée, parfois inachevée, ou encore son tracé est ralenti, freiné.

Quant aux agencements des lettres entre elles, et aux liaisons qui les relient pour former des mots, ils sont mal faits. Les liens sont déficients. Les lettres sont soit collées les unes aux autres, voire enchevêtrées, soit isolées, distribuées en tout cas de manière anarchique, d’où l’allure désordonnée et en général désagréable au regard de l’écriture.

Le mot n’arrive pas à être un tout, un ensemble que l’on peut appréhender d’un seul coup d’œil.

Quelque chose de l’ordre de l’introduction du langage dans le tracé ne s’est pas produit de manière satisfaisante.

On pouvait dire que chez ces enfants l’oral, le verbal ne passe pas facilement par la main, ces enfants sont en souffrance.

 

On constate que la difficulté à écrire peut survenir à tout âge à des moments particuliers de la vie. Elle peut être associée à des évènements parfois d’apparence banale, pouvant même passer inaperçus.

 

Les difficultés que rencontrent certains enfants ou adolescents avec l’inscription de l’écriture ont tendance à être situées dans le registre du handicap après qu’un diagnostique les a désignées en tant que « trouble spécifique des apprentissages ».  Ceci peut permettre, à l’issue d’une procédure auprès d’une MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées), la mise en place de divers aménagements dans leur scolarité, notamment la possibilité d’utiliser un ordinateur pour les travaux écrits, le recours à un(e) AVS (Assistant(e) de Vie Scolaire) qui peut le cas échéant écrire à la place de l’enfant et/ou la mise en place d’un tiers temps lors d’examens.

 

Il peut s’agir certes d’une intention louable pour soulager ces enfants parfois très gênés par une écriture trop lente ou difficilement lisible. Mais contrairement à ce qu’on pourrait penser, il ne s’agit jamais de mesures anodines.

 

L’expérience montre que cela peut être salutaire pour certains, et leur permettre de suivre le rythme de la classe, mais que pour d’autres ils refusent fermement de tels aménagements. Certains les ressentent comme une privation même un risque de perte de leur écriture manuscrite, d’autres se sentent marginalisés et dévalorisés, blessés d’être considérés comme porteurs d’une défaillance voire d’une incapacité.

 

Ces réactions soulignent bien qu’on touche là un domaine qui dépasse un simple cadre pratique, matériel et que l’écriture ne peut jamais être assimilée à un outil, un instrument qu’on pourrait simplement remplacer. On voit là que, de par son appartenance au registre symbolique, elle engage chacun en tant que sujet dans des enjeux relationnels, identitaires et affectifs majeurs.

Bien souvent, en réponse au souci d’efficacité et d’adaptation qui prévaut dans notre société actuelle, la priorité est donnée à des dispositifs d’ordre fonctionnel au détriment du soin. Le mal être de l’enfant, sa souffrance risquent alors d’être négligés quand ils ne sont pas tout bonnement méconnus ou occultés. Les deux peuvent être complémentaires, en rendant actif l’enfant dans le processus mis en place, en lui demandant moins mais mieux par exemple.

 

Et si toutefois un soin est envisagé, j’entends par soin une prise en charge, il s’avère souvent compliqué par la mise en place de ces mesures palliatives ; en effet, l’enfant se trouve alors mis dans la position paradoxale de devoir investir un processus thérapeutique parfois long, toujours complexe alors que nombre de ces aménagements scolaires le maintiennent dans une situation de dépendance et de passivité qui vient entraver ou nier par avance l’évolution qu’une approche thérapeutique pourrait lui permettre.

 

Chaque dysgraphie est unique, la rééducation de l’écriture est personnalisée à chaque enfant ou adolescent. Le graphothérapeute doit accorder beaucoup d’attention, créer un climat rassurant et sécurisant, doit avoir la capacité d’adaptation à chaque enfant, renouveler les exercices, il faut être créatif et avoir, parfois, beaucoup de patience.