Graphothérapie

L’écriture manuscrite résulte d’un apprentissage long et difficile, dont la réussite ou l’échec peuvent interférer sur toute une vie. La graphothérapie traite toutes les déficiences de l’écriture, quelles que soient leurs formes.

Savoir écrire n’est pas inné, cet exercice complexe s’acquiert sous l’influence conjointe de contraintes individuelles, culturelles et affectives: la maladresse graphique n’est pas toujours dramatique, surtout si elle a été repérée et identifiée à temps, mais dans les cas les plus sévères, le trouble de l’écriture risque de gêner l’enfant à l’école avec un retentissement non négligeable sur sa confiance en lui. Rééduquer l’écriture permet de retrouver le sourire, se réconcilier avec l’écriture, avec l’enseignant et avec soi-même.

Le rôle de la graphothérapeute ne se limite pas à la maîtrise du geste, sa présence régulière, attentive et bienveillante lui permet aussi d’identifier l’existence d’une fragilité de l’humeur ou de troubles de la personnalité.

L’acte d’écrire est chargé de symboles, c’est une trace qu’on laisse, un reflet indélébile de ce que nous sommes. C’est aussi la projection plus au moins consciente de notre personnalité. Lorsque nous écrivons  » à la main », le cheminement de notre pensée reste gravé dans notre esprit.

Le réflexe, face à un enfant qui écrit mal, est de lui faire « faire des lignes », ou recopier son devoir.

Il est certain que l’on progresse en écriture avant tout en écrivant. Plus on a l’habitude d’écrire, plus l’écriture cursive devient fluide, plus l’écriture cursive devient rapide.

Il est donc très tentant de faire des lignes d’écriture aux enfants qui ont des difficultés d’apprentissage de l’écriture. On pense alors, il doit être possible de corriger les défauts présents en écrivant plus. Malheureusement, rien n’est plus faux.

Lorsqu’un enfant a des difficultés à écrire (ou encore à réaliser le travail écrit demandé si l’enfant est en maternelle), on doit pas le laisser écrire moins que les autres enfants de sa classe, car il n’écrira pas assez pour progresser. Progresser en écriture cursive, que l’on ait des difficultés ou pas, impose du travail et des efforts. Il ne faut pas non plus demander systématiquement à l’enfant de refaire le travail demandé si celui-ci n’est pas asse soigné car, nous partons du principe qu’un enfant ne fait pas exprès d’écrire mal. Dans l’immense majorité des cas, les enfants qui ont une dysgraphie souffrent de crispations et de douleurs lorsqu’ils écrivent. Lorsque l’on donne un surcroit des lignes d’écriture cursive à l’enfant qui écrit mal, on risque d’augmenter encore sa répulsion pour l’écriture, d’augmenter ses douleurs, d’augmenter sa fatigue. Quand un enseignant impose à un enfant de CM1 des lignes d’écriture comme au CP, l’enfant se sent en général humilié.

Il faut agir sur la cause du problème, et pas sur le symptôme (la mauvaise écriture cursive).

La dysgraphie concerne parfois des enfants au QI élevé, chez qui l’on observe un décalage entre la maturité intellectuelle et le développement psychoaffectif et psychomoteur. Le trouble peut s’accentuer lorsque l’enfant saute une classe, puisque le temps imparti à l’apprentissage de l’écriture n’est pas respecté. On observe aussi des déficiences de l’écriture chez les enfants où il y a eu une absence de scolarisation régulière en « maternelle », où sont dispensés tous les acquis indispensables à l’apprentissage de l’écriture: schéma corporel, latéralisation, situation dans le temps et dans l’espace, etc.

La rééducation ne se fait pas en quelques jours: il faut se défaire de mauvaises habitudes et en acquérir de nouvelles, cela suppose d’y consacrer du temps et du savoir-faire.

La graphothérapie repose sur un rapport de confiance entre la rééducatrice et l’enfant, et sur une série de techniques de relaxation générale et gestuelle, et d’exercices sur des formes pré-graphiques et ludiques. La graphothérapie est une prise en charge personnalisée de l’entant.