Phases de l'écriture

LES TROIS PHASES DU DEVELOPPEMENT DE L’ECRITURE

 

Phase pré-calligraphique (de 6-7 ans à 8-9 ans)

Phase calligraphique (de 8-9 ans à 12 ans)

Phase post-calligraphique (à partir de 12 ans)

 

 

L’automatisation du mouvement graphique en 4 étapes : 

 

  • Lettre à lettre.

  • Séquences de deux à trois lettres.

  • Deux à trois mots de suite.

  • Ecriture automatisée.

 

Conditions pour l’acquisition de l’écriture.

 

Deux axes de développement jouent un rôle primordial dans la réalisation de l’écriture manuscrite :

  • Le développement général du système nerveux; régulations tonico-posturales et coordinations cinétiques.

  • Le développement des activités digitales fines, particulièrement importantes dans l’écriture.

 

L’âge réel de l’enfant n’est pas forcément un indicateur de sa capacité à « entrer » dans l’écriture. Les performances sont plus vraisemblablement dépendantes du niveau de développement moteur et du degré de maturité du système nerveux.

Il semblerait que l’âge idéal pour entreprendre cet apprentissage soit entre 6 et 7 ans.

 

Afin d’être dans les meilleurs conditions pour écrire, des bonnes facultés perceptives sont nécessaires. Tout d’abord il y a :

  • Les aptitudes visuelles; un enfant qui souffre d’une mauvaise acuité visuelle ou de troubles musculo-visuels, ou qui présente des difficultés d’analyse ou d’attention visuelle, est gêné dans sa prise d’information.

  • Les capacités auditives sont très importantes également pour une prise d’information orale efficace.

  • Une sensibilité fine du toucher et de bonnes aptitudes sur le plan proprioceptif sont indispensables à la bonne tenue de l’instrument et à la réalisation de l’acte graphique.

 

Sur le plan moteur.

 

 Pour écrire, l’enfant doit savoir rester immobile, assis correctement, avec un soutien tonique général : les pieds au sol, les fesses stables au milieu de la chaise, le dos droit avec les épaules basses, à la même hauteur l’une et l’autre, les bras sur la table, la tête à bonne distance de la feuille.

Le poignet, à la fois ferme et souple, doit maintenir la stabilité de la main, tandis que les doigts tiennent le crayon avec suffisamment de force pour qu’il soit à la fois « fixe » et mobile, permettant ainsi les mouvements d’inscription.

 

Conscience et connaissance du schéma corporel.

 

 Pour que l’écriture puisse se déployer, l’enfant doit avoir une bonne conscience de son schéma corporel car la totalité du corps est concernée par l’acte d’écrire.

La main qui écrit est reliée au torse, dont dépend plus ou moins de la statique de la colonne vertébrale.

Cette conscience du schéma corporel s’acquiert peu à peu, en fonction de la maturation neuromotrice de l’enfant et de son mode de vie. Il en est de même pour l’acquisition de la sensibilité fine au niveau des doigts et la capacité à les utiliser ensemble ou séparément : les nombreuses activités de jeux d’adresse et de bricolage exercées dans les premières années de la scolarité sont indispensables à ce contrôle digital nécessaire au mouvement de l’écriture.

 

Latéralité établie.

 

 Pour s’initier à l’écriture, l’enfant doit aussi affirmer une préférence manuelle. C’est généralement autour de 7 ans que cette latéralité s’affirme.

La latéralité dite homogène : le côté dominant est le même pour la main, l’œil et le pied. Ce n’est pas toujours le cas. Ce phénomène n’a pas d’incidence sur les productions mais peut en revanche en avoir sur l’adaptation de la posture.

Il peut y avoir des fausses latéralités, et en particulier des gauchers contrariés et de faux gauchers (droitiers contrariés), par imitation par exemple.

L’organisation spatio-temporelle, est également très importante pour que l’écriture acquière un rythme personnel et aisé.

Le rythme moteur et respiratoire de l’enfant doit être apprivoisé pour canaliser les freins, les arrêts ou les emballements. C’est sa régularisation qui permettra une accélération efficace de l’écriture.

 

Des aptitudes cognitives spécifiques.

 

 L’enfant doit déployer une capacité de concentration suffisante et pouvoir soutenir son attention quelques minutes d’affilée.

Tant que le langage n’est pas maîtrisé, sa traduction écrite est évidement malaisée. A mesure que le langage traduit plus souplement la pensée, sa traduction graphique s’automatise.

 

Un développement affectif suffisant et équilibré.

 

 L’aisance affective de l’enfant tant dans sa famille qu’à l’école joue un rôle essentiel dans les différentes phases du développement de son écriture.

L’évolution du graphisme est parfois freinée ou sensiblement altérée par le manque d’autonomie ou des problèmes affectifs dus à des situations personnelles, sociales ou familiales : les enfants instables, opposants, ceux qui manifestent un refus scolaires, ou ceux qui sont timides, isolés, craintifs, développent des graphismes très différents.

L’enfant dysgraphique n’a généralement pas suivi les étapes classiques de développement de l’écriture manuscrite. Il n’a pas atteint le phase calligraphique, n’est pas parvenu à trouver dans l’apprentissage un équilibre entre l’inscription et la progression, entre les formes et la vitesse. Son écriture a évolué comme elle a pu, à partir des bases incertaines et mal établies.

Mais l’écriture peut aussi avoir évolué de manière régulière, et se détériorer à l’adolescence sous la pression de facteurs extérieurs, comme la vitesse.

 

Postures et positions.

 

 Les postures et positions lors de l’écriture exigent une observation attentive. Même si elles n’influencent pas toujours directement la qualité de l’écriture, elles peuvent avoir des conséquences importantes en termes d’aisance, de vitesse ou de douleurs. Elles sont un facteur d’équilibre de l’écriture, participant à son déploiement optimal.

L’observation fine des postures et positions de l’enfant, en fonction de son âge, permet de déterminer ce qui gêne le bon déploiement de son geste graphique. Des conseils et des axes de travail pourront ainsi être dégagés pour une rééducation efficace.